Après la ville de Milan, c'est au tour de la Fashion Week de Paris de mettre à la lumière des projecteurs ce que sera le dressing de l'homme pour l'hiver 2012. Condensée autour de 4 jours pour un total de 51 défilés, autant dire qu'il s'agit ici d'un véritable marathon. Fort de caractère et de créativité, Paris, à l'instar de Milan, nous réserve cependant bien des surprises. Ayant finie le 22 janvier dernier, il est temps désormais de voir si les podiums s'y accordent afin de faire de l'homme un véritable être de convoitise.
Bien que majoritairement monochrome, le premier fait marquant que l'on observe au sein même des collections touche l'ouverture, très française, du vestiaire à une gamme de couleurs plus large. De cette vision moins dépressive que
celle de Milan, on retrouve ainsi des teintes plus gaies évoluant à travers des bleus, des violets mais surtout à travers de nombreux rouges. Déclinés à l'infini, on retrouve ces derniers un peu partout : de
Christian Lacroix à Viktor&Rolf sans oublier Junya Watanabe et Givenchy. Quant au reste, on en retrouve aussi bien chez
Walter Van Bereidonck,
Agnès B que chez
Ann Demeulemeester et
Kris Van Assche.
Issey Miyake de son côté fait figure de bon élève en déployant l'un des jeux de couleurs des plus remarquables.
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| Image Droite Junya Wantanabe / Centre Christian Lacroix / Gauche Issey Miyake |
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| Givenchy |
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| Image Droite Ann Demeulemeester / Centre Agnès B / Gauche Walter Van Beirendonck |
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| Images Droite et Gauche Issey Miyake / Centre Kris Van Assche |
Esprit de contradiction oblige, certaines maisons comme
Rick Owens,
Julius ou encore Yves Saint Laurent expriment leur créativité sur un homme uniquement de noir et de blanc vêtu ; le tout pour un minimalisme absolu.
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| Image Droite Yves Saint Laurent / Centre Julius / Gauche Rick Owens |
Bien que présentes, les couleurs que l'on retrouve restent le plus souvent relativement froides. Pour parfaire à cela les créateurs ont pensé à tout et misent sur des matières comme le velours ou la maille voir même du satin afin de réchauffer la silhouette. De ces textures, on retrouve aussi bien des pantalons que des vestes et blazers comme l'indique
John Lawrence Sullivan ou
Paul&Joe par exemple.
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| Images Droite et Gauche John Lawrence Sullivan / Centre Paul&Joe |
Bien qu'omniprésent, le velours ne détrône pas en soi le cuir que l'on retrouve ici dans bien des collections.
Déjà mis au goût du jour à Milan dans des total look comme chez Jil Sander, on le retrouve à Paris chez
No Editions,
Y.Project, Acne, Viktor&Rolf, ou encore Maison Martin Margiela... Bien que d'apparence plus sage il n'en témoigne pas moins de charme à travers tous les manteaux, vestes et pantalons qu'il dessine comme l'indique si bien Yves Saint Laurent.
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| Image Gauche Y.Project / Centre Maison Martin Margiela / Droite Acne |
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| Images Gauche et Droite Yves Saint Laurent / Centre Acne |
De ce jeu de matières très présent sur les podiums, il est bon de signaler enfin le recourt quasi obligatoire à leurs superpositions. Homme frileux, on ne lésine pas sur les moyens et on additionne ainsi un pull sous une veste en velours que l'on surenchérit d'un manteau en fourrure. L’excès sur-protecteur !
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| Jean-Paul Gaultier |
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| Juun J |
Enfin, d'une manière générale les imprimés, pourquoi pas, mais comme le montre Lanvin on aime jouer avec en insistant sur les effets de dégradés... Ann Demeulemeester en fait de même mais sur des éléments de couleurs.
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| Images Gauche et Droite Ann Demeulemeester / Centre Lanvin |
Même si l'esprit du taylorisme est extrêmement présent dans les collections, on remarque que le style militaire s'impose à sa façon dans le dressing masculin de cette saison. Dominée par des coloris de camouflage, la présentation Dior Homme en est l'un des parfaits exemples. Mugler et son mur de paillettes ne sont pas en reste et misent sur des coupes se rapprochant fortement des costumes de la Marine. De cette emprise, on soulignera le travail fait sur les blousons d'aviateur que l'on retrouve chez
Christian Lacroix, Louis Vuitton ou encore
Galliano et
Juun J avec ses bombardiers.
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| Images Gauche et Droite Dior Homme / Centre Louis Vuitton |
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| Image Gauche Christian Lacroix / Centre Juun J / Droite Mugler |
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| John Galliano |
Toujours dans un esprit militaire, mais cette fois avec beaucoup de triomphalisme, on accorde une mention spéciale à la maison
Qasimi qui propose selon nous, le vestiaire le plus complet de la Fashion Week.
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| Qasimi |
Dernier élément récurrent de cette semaine de la mode Parisienne : le recours à des pièces surdimensionnées. Le meilleur exemple? Thom Browne en imaginant une collection évoluant à la frontière entre le football américain et la famille Adams. Cette corpulence artificielle est présente aussi chez d'autres maisons comme
Rick Owens et ses doudounes extra larges ou encore chez
Juun J avec ses manteaux vraiment imposants. De ce jeu de "structure déstructure", on note le travail apporté aux épaules en leur conférant des éléments plus larges et arrondies à la fois.
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| Image Gauche Juun J / Centre Thom Browne / Droite Rick Owens |
Impulsée par Yohji Yamamoto ou encore Mugler, la cape fait un grand retour sur les podiums en s'affichant sous des formes multiples. En jacquard de soie chez Mugler on la retrouve très ample chez Yamamoto qui en fait d'ailleurs une pièce maitresse de sa collection. Chic ou éclectique, on la retrouve même en total cuir chez
No Editions. Après, capes ou pas capes à vous de voir !
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| Images Gauche et Droite Mugler / Centre Yohji Yamamoto |
Autre pièce marquante de la saison, le pantalon taille haute. Présent chez
Rick Owens,
Wooyoungmi, et Lanvin, il allonge la silhouette et s'accorde parfaitement, dans un esprit de contradiction, avec des vestes de taille réduite.
On en avait déjà parlé pour la saison estivale 2012 mais le phénomène persiste pour l'hiver et se traduit dans les lignes d'Alexis Mabille, Kenzo, Carven ou Acne.
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| Image Gauche Rick Owens / Centre Lanvin / Droite Wooyoungmi |
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| Image Gauche Carven / Centre Kenzo / Droite Acne |
Imposant beaucoup moins de rigueur, la Fashion Week de Paris met l'accent sur un vestiaire de créativité. Suivant d'assez loin les grandes tendances milanaises, Paris se joue du taylorisme et le modernise dans un esprit très combatif. Avant-gardiste certains créateurs n'ont pas peur d'exposer un vestiaire assez fou comme en témoigne
Henrik Vibskov et Bernard Willhelm ou plus simplement d'utiliser des pièces assez controversées comme la jupe pour homme que l'on retrouve chez
Jean-Paul Gaultier ou
Qasimi par exemple. Avec plus de couleurs et des matières assez
semblables à Milan, Paris marque une différence significative en impulsant un vestiaire dynamique à la petite touche classique qui reste au final toujours chic.
Images via GQ and by me
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